Le nom intrigue. C’est voulu. L’arsenic a traversé les siècles avec une double réputation — poison redouté des uns, remède précieux des autres. Deux faces d’une même matière, présente à l’état de traces dans les sols, les roches, les eaux de source. Partout autour de nous, infime et discret. C’est cette face lumineuse, celle du soin et du partage, que nous avons choisie comme emblème.

Trente-trois, comme les atomes qui le composent

33As Arsenic

L’arsenic est le trente-troisième élément du tableau périodique. Symbole : As. Métalloïde gris-acier, présent dans les sols, les roches, les eaux souterraines. Partout, en traces infimes. Il fait partie du monde bien avant que l’homme lui donne un nom.

Hippocrate le prescrivait déjà contre la malaria. La médecine chinoise l’utilisait pour l’asthme et les maladies de peau. Au XVIIe siècle, les Européens s’en servaient contre l’anémie, la tuberculose. Et en 1911, le Salvarsan — premier composé arsenié de synthèse — devient le premier traitement efficace contre la syphilis, ouvrant la voie à toute la pharmacologie moderne.

« Ce qui tue à pleine main peut guérir à bout de doigt. »
Principe de la médecine par l’arsenic


La rémission venue d’un poison

Ce paradoxe n’appartient pas qu’à l’histoire ancienne. Aujourd’hui encore, le trioxyde d’arsenic — As₂O₃ — est administré dans les services d’oncologie du monde entier pour traiter certaines formes de leucémie. Mis en évidence en Chine dans les années 1990, il agit avec une précision remarquable : il cible et détruit exactement la protéine qui maintient les cellules cancéreuses en vie, ouvrant la voie à la rémission.

L’arsenic soigne – pas métaphoriquement – cliniquement, validé et inscrit dans les pharcopées officielles.

asseurs, pas propriétaires

La musique traditionnelle ne s’invente pas — elle se transmet. Une bourée venue du Massif Central, une scottish façonnée dans les veillées bretonnes, une mazurka qui a traversé les frontières sans passeport : chaque morceau est une formule concentrée, portée par des générations de gens ordinaires qui jouaient après le travail, pour danser, pour se retrouver. Ces mélodies n’ont pas d’auteur connu. Elles appartiennent à tout le monde, c’est-à-dire à personne en particulier — et donc à ceux qui les jouent maintenant.

Nous en sommes les passeurs, pas les gardiens. La différence est essentielle. Le gardien conserve à l’identique, il protège la forme. Le passeur reçoit, traverse, et transmet en ayant laissé quelque chose de lui dans le passage. Chaque génération de musiciens a fait ça : reprendre l’existant, y glisser sa sensibilité, son époque, sa façon de respirer entre les notes — et passer à son tour.